MÉTÉO

PÊCHE DE LA PLAGE

         4.1) ZONE ATLANTIQUE: CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

   Il y a trente ans, après mes diverses expériences atlantiques, j'avais acquis la conviction qu'en dehors des amateurs de surf-casting, fort peu de pêcheurs recherchaient le Bar en plage. J'étais d'ailleurs moi-même très étonné par cette désaffection quasi générale.

   Il est des Bars, en période normale, aussi nombreux en plage que dans le roc, et, au cours de périodes particulières, bien plus nombreux qu'en zones rocheuses, attendu que ce sont les hôtes de ces régions abruptes qui les abandonnent pour aller évoluer, un temps plus ou moins long, en bordure des plages nourricières.

    Là, le rôle de la marée n'intervient qu'en tant que facteur amplificateur des mouvements des eaux, en tant que tonique, faisant sortir les poissons de leur apathie et les incitant à se mettre en chasse.

    Ces deux facteurs conjugués font que nos grands voraces, nageant hors de portée des lancers, vont se rapprocher à toucher terre en tous les points où, pour des raisons bien précises, se trouvent concentrées les proies qu'ils pourchassent.

    Sont à considérer comme terres d'élection des Bars les sèches sablonneuses ou "platins " et les courants en retour portant au large, ces fameux Rip-currents des géographes qui souvent démarrent de criques où sont accumulées des algues pourries. Il s'agit donc de se cantonner en ces deux postes typiques pour, obligatoirement, y rencontrer des Bars.

   Les zones ridiculement peu profondes, couvertes de nappes d'écume blanche, doivent être prospectées avec la même minutie que les forts et profonds courants sortants.

   La difficulté de la pêche du Bar en plage réside, en définitive, en la détermination de ces zones d'affût, aussi ahurissantes, aussi inattendues qu'elles puissent être.

   Je dois d'ailleurs préciser que la pêche sportive en plage, si longtemps délaissée dans l'Atlantique, est nettement supérieure en rendement au surf-casting, bien que le contraire ait été avancé maintes fois (Voir Pêche Pratique du Bar en Plage).

 

        4.2) ZONE MÉDITERRANÉENNE:

 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

    Tout pêcheur de l'Atlantique peut, à marée basse, étudier les fonds qu'il va prospecter à marée haute.

    S'il n'est point amateur de chasse sous-marine, le pêcheur méditerranéen en est réduit à œuvrer à l'aveuglette, se contentant de déterminer les postes à vue, chaque fois que la transparence de l'eau le lui permet.

    En Méditerranée, en dehors de la région languedocienne, point de ces mouvements régulièrement alternés des masses liquides qui mettent en mouvement toute la gent poissonnière, poissons fureteurs ou chasseurs, qui tirent profit de ces conditions éminemment favorables à leur prospérité.

   De plus, en bordure des zones rocheuses souvent accores, l'étendue réduite d'un plateau continental à pente fort accusée limite le nombre des hôtes possibles à pourchasser car les écueils, "chichement" répartis, ne pourront les fixer en bordure de rivage.

    En Méditerranée donc, en plage, aux embouchures ou en bordure des zones strictement rocheuses, la marée en elle-même peut paraître n'avoir qu'une influence minime, fort limitée.

    Le facteur dominant alors, c'est le vent qui est le bienvenu, qui agite la mer, la rend plus opaque, plus favorable à la mise en pratique de techniques variées, infiniment plus variées que celles qui peuvent être mises en œuvre sur les rivages atlantiques. Infiniment plus difficiles à appliquer aussi, vu le peu d'agitation et la limpidité des eaux.

   Cependant, je présume que l'état de la mer ne doit point être le seul facteur déterminant les périodes de mordage. Les influences, solaires et lunaires, seraient réellement à l'origine desdites périodes que je n'en serais point étonné.

  

    a.      INFLUENCE DE LA MARÉE AUX EMBOUCHURES A COURANT INTERMITTENT

    canaux maritimes, rivières canalisées, graus.

   Les cours d'eau méditerranéens sont caractérisés, au cours de la période estivale, par une sécheresse généralisée. Rivières et oueds ne coulent, pour ainsi dire, pas ou si peu. Leur niveau, dans les derniers kilomètres, étant celui de la mer, la moindre variation du niveau de celle-ci se fait donc sentir de façon sensible, si sensible même que souvent l'homme a été obligé de barrer le cours d'eau pour éviter que les eaux salées ou saumâtres ne se répandent trop loin dans l'intérieur du pays.

    Ces parties basses, souvent en communication avec des étangs, sont donc le siège de mouvements alternatifs des eaux, correspondant fidèlement aux déclenchements des hautes ou des basses eaux dues aux marées.

    Ce rythme régulièrement établi ne peut être interrompu que par deux causes locales: un violent mistral domine l'influence de la marée et le courant sort parfois en mer deux, trois, quatre jours d'affilée. L'inverse se produit lors d'un violent coup de "marin" au cours duquel les étangs se remplissent à plein bord.

    Mais, en période de calme, comme je l'ai déjà fait remarquer, situation inversée par rapport à l'Océan.

 Au montant, eaux claires assez difficilement pêchables.

 Au descendant, eaux troubles et pêche favorable.

   Le danger, ici aussi, est constitué par les algues et herbes en suspension qui, dès qu'elles envahissent les canaux, rendent la mise en pratique délicate.

    Dès leur mise à l'eau, les crevettes-appâts s'accrochent avec énergie à tout ce qui passe à leur portée et deviennent, de ce seul fait, invulnérables.

    Les embouchures des rivières, elles aussi au niveau de la mer, subissent, en dehors des périodes pluvieuses, l'empreinte de la mer.

    Je me souviens fort bien de ces variations de courant qui se manifestaient au niveau du grand pont jeté sur la Seybouse, à Bône, à trois ou quatre kilomètres de la sortie en mer.

   

   b) INFLUENCE DE LA MARÉE AUX EMBOUCHURES OU LE COURANT D' EAU DOUCE NE S'INTERROMPT JAMAIS.

   Ces courants continus ne sont vraiment forts qu'en hiver, en général. Dès que s'installe la saison sèche, ils diminuent sensiblement d'intensité, le niveau du cours d'eau (sauf Rhône et Var) étant si peu au-dessus de celui des eaux marines.

   Le rôle de la marée va donc intervenir en tant que frein ou accélérateur: accélération du courant doux à marée basse, ralentissement net dudit courant à marée haute.

    L'accélération due aux eaux basses se concrétisera par une sortie en mer plus active, plus prolongée vers le large et par des remous de bordure plus caractérisés. Toutes les bestioles marines qui recherchent ce climat spécialement doux, directement intéressées, se rapprocheront de la côte et se concentreront, en même temps que les Bars, dans ces fameux remous de bordure.

    Lors de l'étale de haute mer, le courant perdant un peu de son intensité, ces bestioles en profiteront pour pénétrer dans le cours d'eau au ras de la rive et les Bars les accompagneront, de part et d'autre, sur quelques centaines de mètres, d'autant plus que souvent le courant doux coule vers la mer en surface tandis qu'un contre-courant invisible pénètre dans le lit du cours d'eau au ras du fond.

 

   c) INFLUENCE DE LA MARÉE TOUT AU LONG DES PLAGES, DES ZONES ROCHEUSES.

    Si l'on constate de loin en loin des périodes d'eaux très basses, les rocs étant à découvert, et des périodes d'eaux relativement hautes, ce n'est point une raison pour exagérer l'influence du facteur marée en ces régions.

    Une seule incidence pratique concernant la pêche du Bar. Celui-ci affectionne les tout petits fonds. Il s'en suit qu'en périodes d'eaux très basses ils ne pourront plus stationner en leurs postes favoris. Aucun regret alors car les leurres les mieux manœuvrés, aussi légers soient-ils, ne peuvent que s'accrocher. Par contre, lorsque la couche d'eau augmente il deviendra possible d'utiliser en ces points des leurres plus lourds, entraînant donc une action plus efficace et plus rapide.

     Cette diversion faite, constatons que bien souvent la venue de la nouvelle et de la pleine lune s'accompagne de violents coups de mer, en principe lorsque les marées atteignent leurs plus forts coefficients.

    Ce n'est pas régulièrement automatique, mais ces conditions favorables se réalisent cependant. Favorable n'est pas le mot exact puisque j'ai déjà fait remarquer que trop de mer nuit autant que calme plat.

    Mais il y aura, tout de même, deux moments fameux à saisir au vol: le début du mauvais temps lorsque la mer se lève, vivement animée par un vent violent et lorsqu'elle se tasse, tandis que le vent faiblit et tombe.

    En dehors de l'action propre des eaux marines il est établi, en Méditerranée que la présence de la lune dans les cieux n'est point particulièrement appréciée par les amateurs de pêches nocturnes, bien que celles-ci souffrent des exceptions.

    Pourtant la pleine lune correspond à une période de croissance des eaux, tellement désirée sur les rivages atlantiques... Voir plus loin " Pêche Pratique du Bar en Plage ".

Les notes ci-dessus sont extraites :

  • LES BARS, Pêche modernes et traditionnelles
  • Par Maurice CAUSSEL
  • Éditions du Gué l'Épine, Collection Patrimoine

 

 

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